À propos de cette édition

Éditeur
Écrits du Canada français
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Les Écrits du Canada français 41
Pagination
25-32
Lieu
Montréal
Année de parution
1978

Résumé/Sommaire

Installé sur une montagne, un couple observe l’activité qui se déroule dans la vallée pendant une journée, entre le parc boisé à gauche et la ville aux gratte-ciel de verre à droite. Le couple fixe plus particulièrement son attention sur un garçon et une fillette qui marchent d’est en ouest, puis qui font le chemin inverse. Le lendemain, au lever du jour, les deux marcheurs, devenus des vieillards, s’envolent vers le soleil.

Commentaires

Première nouvelle d’une suite de quatre ressassant les mêmes thèmes, « L’Aller-retour » met en scène deux couples (un homme et une femme, dans chaque cas) dont la ligne du temps est différente. La vie du premier couple, celui qui est observé, est condensée dans une seule journée. Enfants au début de la journée, les deux êtres sous la loupe du narrateur – l’homme de l’autre couple – sont devenus des vieillards à l’aube du jour suivant.

Le couple qui observe n’est pas soumis aux mêmes rigueurs du temps qui passe. En fait, il semble vivre dans un Éden éternel où sa seule préoccupation est de manger, de boire, de dormir et, accessoirement, peut-être de faire l’amour. Le couple semble être parvenu à un autre stade de l’évolution de l’espèce humaine, ce vers quoi tend peut-être le couple « ordinaire » à la fin du texte quand il s’envole dans la lumière du soleil levant.

Cette scène d’apothéose, qui rend les humains semblables à des dieux, apparaît comme une confirmation de l’essence divine du couple qui observe, un fantasme récurrent dans l’œuvre de Jacques Brossard. Cet aller-retour, ce va-et-vient entre le parc boisé et la ville moderne symbolise vraisemblablement les deux pôles qui travaillent la condition humaine : la nature et la culture, l’essence primitive et les savoir-faire acquis au fil de l’évolution de l’Homme.

Plus cérébral qu’affectif, plus conceptuel que vibrant de vie, ce texte n’a pas soulevé mon enthousiasme. Même s’il peut être interprété comme un message d’espoir, je trouve qu’il manque singulièrement d’empathie envers les pauvres humains que nous sommes. Comme un dieu qui regarderait sans état d’âme sa créature s’agiter. [CJ]