À propos de cette édition

Éditeur
Possibles
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Possibles, vol. II, n˚ 1
Pagination
103-114
Lieu
Montréal
Année de parution
1977

Résumé/Sommaire

Emprisonné dès l’âge de sept ans, le protagoniste travaille d’abord à dérouler des pelotes de fil de fer. À l’âge de quatorze ans, à la suite de l’exécution de ses parents, il trouve une nouvelle ardeur au travail, ce qui lui vaut une promotion : il tresse maintenant le fil. À vingt et un ans, il est affecté à l’érection de la nouvelle clôture, ce qui lui permet d’entrevoir la nature qui entoure le camp et suscite le désir d’en savoir plus. Ainsi passent les années tandis que la clôture s’élève toujours plus haut et que le prisonnier se promet qu’un jour il s’évadera.

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Commentaires

On retrouve ici un motif plus que familier et j’ai d’abord été déçu de lire une mise en scène aussi convenue et désinvolte sous la plume de Jacques Brossard. Combien de fois ai-je lu de ces textes qui nous décrivent un monde qui ne tient pas debout, tout entier voué à la punition du personnage principal pour un crime qu’il n’a évidemment jamais commis ? Amoureux d’une des femmes du camp qu’il n’étreindra que deux fois dans sa vie, trop écrasé par son environnement pour se rendre compte de l’horreur de sa condition, notre prisonnier anonyme se dévoue à étendre la périphérie du camp – rien de très original.

C’est au dernier tiers de la nouvelle que le texte nous surprend : la narration passe au futur en évoquant le moment, de longues années dans l’avenir, où le prisonnier s’échappera. La description de son évasion passe du plausible au surréalisme total. Faut-il y voir un constat d’échec ? Non, car ce texte a toujours été une fable. Lorsque Brossard évoque une tempête soulevant le prisonnier jusqu’aux nuages, l’intensité du langage atteint un paroxysme, et la narration passe au « nous », une première personne plurielle discrètement évoquée au tout début du texte. La nouvelle se termine sur une note d’espoir et de beauté. Le contraste avec ce qui a précédé est bouleversant.

Je ne sais donc plus si j’ai raison de me plaindre des deux premiers tiers de la nouvelle. Peut-être était-il nécessaire de décrire aussi longuement cette prison absurdement perverse et le labeur ignoble du protagoniste, pour équilibrer l’envolée finale ? [YM]