À propos de cette édition

Éditeur
Éditions de la Nébuleuse
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
L'Écran 4
Pagination
40-41
Lieu
Waterloo
Année de parution
1974

Résumé/Sommaire

Dans un monde futur programmé, Bayton est sur le point de devenir un membre officiel de l’Entreprise. Il est littéralement né pour occuper le poste de chercheur-analyste des sols. L’avant-veille de son entrée en fonction, il reçoit un appel de Sig, un ami d’enfance, qui le contacte depuis l’île bleue. Il informe Bayton qu’il n’a plus de travail, que la paix revient. L’appel est alors coupé.

Bayton est perturbé par ce coup de téléphone ; sa mémoire le travaille, comme si des souvenirs occultés tentaient de revenir à la surface. Cette nuit-là, quelque chose se passe en lui. Au matin, Cirak reçoit un appel de Bayton depuis l’île bleue ; mais la communication est immédiatement coupée. En face de chez Bayton, il y a maintenant une flaque d’eau salée où flotte une bouteille recelant un message énigmatique.

Commentaires

C’est un choix légitime que de raconter une histoire se déroulant dans une société hyper-contrôlée ; encore faut-il déployer assez d’imagination pour intéresser le lecteur déjà familier avec le concept d’une dystopie. Ici, il y a beaucoup de verbiage pour très peu d’idées, et on verse rapidement dans la contradiction. Ainsi, les commis de l’entrepôt d’habillement s’émerveillent de voir Bayton se conformer parfaitement à son costume. Or, on nous a dit dès le deuxième paragraphe que chaque citoyen est mis en fabrication pour remplir une fonction précise dans l’organigramme. Aucun habitant de la Cité, étant soi-même le résultat d’une telle programmation génétique, ne devrait s’en étonner. L’auteur semble avoir besoin de réexpliquer ad nauseam son idée de base au lecteur.

En fait, mis à part cet aspect de prédestination à son futur emploi, rien ou presque ne nous est dit de ce monde futur. Le refus de la nuance qui caractérise tant de SF maladroite s’exprime bien dans la surprise de Bayton de recevoir un appel téléphonique sur l’heure de midi, car durant cette période seuls les appels d’urgence sont permis « et rien d’anormal n’avait été signalé depuis des années ».

Si la plus grande partie de ce texte est donc assez fastidieuse, il se rachète dans sa finale, qui refuse la conclusion nihiliste à laquelle le lecteur averti s’attendait. Sig, un produit de la même société mais dont la tâche s’est achevée, un ami de cette période bénie qu’est l’enfance, parvient à arracher Bayton de la grisaille à laquelle on le prédestinait. La flaque d’eau, en contradiction géométrique avec les lignes droites de la Cité et où flotte un message dans une bouteille, suggère même l’irruption du fantastique, d’un irrationnel libérateur.  [YM]