À propos de cette édition

Résumé/Sommaire
M. est un vieil homme sénile dans un asile psychiatrique. Il s’y est retrouvé au bout d’une vie malmenée par la violence, la drogue et l’itinérance. Il s’imagine que les « hommes en blanc » sont ses valets, que l’asile est sa grande maison et que le deuxième étage est infesté de rongeurs. Heureusement, il a à ses côtés son ami W., son personnage de roman et double imaginaire. L’écriture est, pour M., la seule façon de s’évader, de quitter la dure réalité. Il sait qu’à sa mort, il rejoindra W. dans un monde imaginaire.
Commentaires
Cette nouvelle est intéressante en ce qu’elle nous plonge dans le délire du personnage. La focalisation interne contribue grandement à ce que le lecteur ou la lectrice s’identifie au narrateur, dont la parole ne peut être remise en cause. Sa folie est d’ailleurs perceptible jusque dans la forme.
À plusieurs reprises, l’incipit « Mon nom est M. et je suis vieux » est répété, rappelant les symptômes classiques de l’Alzheimer et d’autres maladies mentales. Le récit n’en devient pas lourd pour autant, car les sujets graves et les répétitions sont encadrés par le ton plaintif et pathétique du narrateur, ce qui vient donner une légère dose de comique au tout.
La fin demeure néanmoins mystérieuse, ce qui rend d’ailleurs la nouvelle fantastique (au sens générique du terme). Puisque le titre est « Le Dernier Chapitre de David M. W. » et que le personnage mis en scène est un scripteur, on s’attendrait à ce que le récit soit exclusivement ce que le narrateur a pu physiquement coucher sur le papier. Or, la nouvelle s’achève sur la vue surplombante de M., qui observe les « hommes en blanc » découvrant son cadavre mutilé, alors qu’il est en train de s’envoler vers un monde de rêves. [KB]