À propos de cette édition

Éditeur
Le Cercle du Livre de France
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Contretemps
Pagination
97-108
Lieu
Montréal
Année de parution
1971

Résumé/Sommaire

Ludovic s’adonne à la peinture mais doit sans cesse recommencer ses toiles tant la nature printanière change vite. À dix heures du matin, son père a terriblement vieilli depuis l’aube. Ludovic le peint, et le vieil homme se volatilise carrément.

Une religieuse passe quêter à la porte ; Ludovic, intrigué, la prend en filature et découvre qu’il s’agit en fait d’une jeune fraudeuse nommée Arabelle. Ludovic la séduit, puis s’en va chercher du travail après le repas. Devenu détective privé, il découvrira que l’objet de sa première filature est lui-même. Découragé, Ludovic se soûle puis rentre à la maison, où l’attend la lettre d’adieu d’Arabelle, devenue trop vieille pour rester. Ludovic aussi a les cheveux blancs maintenant, blancs comme cette neige qui tombe et engloutit tout.

Commentaires

Dans cette nouvelle, le temps se déroule en accéléré. L’effet recherché semble avoir été plus humoristique qu’autre chose. Si le changement des saisons est bien amené, si la disparition d’Arabelle suscite une pointe de tristesse, l’accé­lération temporelle est autrement au service d’une farce déjantée. Je ne comprends pas pourquoi le pinceau de Ludovic a le pouvoir de faire disparaître les gens ni pourquoi c’est lui-même qu’il piste. Tout cela est bien arbitraire.

Pour qui a lu Gene Wolfe, ce texte rappellera « Forlesen », une nouvelle dont le protagoniste lui aussi traverse une vie humaine entre le matin et le soir, et qui est magnifiquement troublante, à la fois horrifiante et triste. « Ludovic » pâtit de la comparaison. Certes, c’est court et c’est assez bien écrit pour que ça passe, mais je n’ai pas tellement apprécié. Les autres courts textes de Contretemps, qui sont bien plus sombres, réussissent à mon avis nettement mieux. [YM]