À propos de cette édition

Éditeur
Requiem
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Requiem 11
Pagination
5-8
Lieu
Longueuil
Année de parution
1976
Support
Papier

Résumé/Sommaire

À Amianteville, dans le Lostshire, en pleine canicule, un voyageur en panne s’arrête à la taverne locale le temps que son véhicule soit réparé par le garagiste du coin. La taverne est pleine et à l’invitation d’un vieillard solitaire, il s’installe à sa table, tout au fond de l’établissement. Le vieillard, Hemigge Way, entreprend alors de lui raconter pourquoi il est un indésirable et que tout le monde l’évite en ville, même à la taverne. Et cette histoire, elle remonte à une fin de semaine d’orgie et de beuverie qui a eu lieu vingt-trois ans plus tôt dans la maison ancestrale, la maison Way.
 

Commentaires

Michel Bélil situe son histoire dans des cantons de l’Est alternatifs, où apparaissent donc des noms semi-communs comme Amianteville (Asbestos) ou encore Drumont (Drummondville), et où les produits nommés sont également reconnaissables (bière Dow, voiture Ford), ce qui contribue à ancrer son récit fantastique dans une réalité proche de notre univers.

Toutefois, ce récit est tellement long à s’installer – le vieux Hemigge Way radote pendant de longs paragraphes avant de dévoiler l’élément fantastique – que le lecteur perd un peu l’intérêt en cours de route. L’importance accordée aux détails juteux de l’orgie, sur lesquels on revient à plusieurs reprises, fait que ceux-ci semblent plus obsessifs que scandaleux et l’influence de l’église souvent mentionnée constitue également un élément très convenu. Les multiples couches de la narration ne servent pas le rythme non plus, et les incohérences dans le niveau de langage du conteur (allant d’un joual comme « fintsemaine » à des envolées comme « les étoiles, sur la table du ciel, misaient quitte ou double ») jurent carrément.

Le jeu de mot du titre se révèle aussi inutile que malhabile – hommage bien trop ambitieux –, mais on pardonne ces éléments à l’auteur débutant qu’est alors Michel Bélil. Tout comme on pardonne la chute qui déçoit car les frissons, l’horreur, la créature diabolique et la damnation annoncée s’avèrent somme toute assez conventionnels, quasi bibliques même.

Bref, un texte mal maîtrisé sans être inintéressant, d’un auteur en devenir qui allait livrer par la suite de nombreux textes dans cette veine fantastique teintée de jeux de mots.  [HM]