À propos de cette édition

Résumé/Sommaire
En sortant d’un bar salon, un homme voit une jeune fille qui sanglote sur le perron d’une chambre du motel attenant. Il s’enquiert de son état et elle lui avoue finalement qu’elle a tué un homme. Il entre dans la chambre mais ne trouve aucun cadavre. La jeune fille le poignarde, condamnée à commettre ce meurtre à répétition.
Commentaires
Avant d’être un auteur à succès pour ses romans décrivant des réalités sociales dures – enfants soldats, trafic de drogues, corruption, prostitution –, Camille Bouchard a écrit des nouvelles fantastiques et de science-fiction. « Mourir éternellement » est sa première publication. Moins percutante que « Le Sang des enfants » dont la phrase initiale a marqué les esprits, elle met néanmoins en lumière la cruauté de la mort qui frappe aveuglément.
Voici en effet un homme sans histoire, certes un peu ivre mais plein d’empathie, qui offre son aide à une jeune fille sans se douter qu’il court à sa perte. Et le scénario est destiné à se répéter indéfiniment, tant que la souffrance de la jeune fille n’équivaudra pas celle qu’elle a infligée. Le schéma narratif rappelle le châtiment auquel sont condamnés des revenants dans certains contes fantastiques du XIXe siècle, avec toutefois ici une dose supplémentaire d’horreur compte tenu de l’accumulation des remords et la répétition des meurtres.
Si la morale chrétienne et les préceptes de la religion catholique motivaient les contes traditionnels, il n’en est rien dans la nouvelle de Camille Bouchard qui ne donne aucune indication sur l’origine de la voix – de l’instance surnaturelle, de fait – qui énonce la sentence à la jeune fille.
« Mourir éternellement » propose en somme une relecture moderne du fantastique traditionnel à la faveur d’un quart d’heure de lecture agréable. [CJ]